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Fesman2009

La Diaspora africaine et son lien avec l’Afrique
globePlus qu’un ensemble de personnes d’origine africaine vivant hors d’Afrique, la diaspora africaine représente un espoir pour le développement du continent. Mais qui sont-elles, ces personnes créant la diaspora africaine ? Où vivent-elles ? Quelle est leur contribution à l’Afrique ? Ce sont ces types de questions qui animeront le colloque organisé sur le thème de « Renaissance africaine, diversité culturelle et unité africaine » dans le cadre du FESMAN.

Selon Ferdinand Mayega, un journaliste issu de la diaspora africaine au Canada, « la Diaspora africaine doit aider à promouvoir l’éthique, l’intégrité, la responsabilité, le respect des lois et règles, le respect des droits des autres citoyens, l’amour du travail, l’effort d’apprendre et l’investissement en Afrique, la volonté de bien faire, la ponctualité, l’amour pour son continent et la volonté de vivre en paix ».

Afin de mieux comprendre les paroles de Mayega, il convient tout d’abord de définir le terme « diaspora ». Le mot « diaspora » dérive du grec « sporo » qui veut dire la « graine » et « speira » qui signifie « semer ». Ce terme qui a longtemps été utilisé pour nommer la dispersion des juifs dans l'Antiquité, désigne aujourd’hui l'ensemble des membres d'une communauté, dispersés dans plusieurs pays.

La Diaspora africaine est l’une des diasporas les plus larges des temps pré-modernes. Elle désigne la population qui résulte de la déportation d'Africains à l'époque de la traite esclavagiste du XVIe au XIXe siècle et leurs descendants à travers le monde. Toutefois, les nombreuses difficultés socio-économiques auxquelles les pays africains font face et qui provoquent la fuite des cerveaux et des intellectuels, le départ des sportifs, l’immigration clandestine et l’exil des personnes qualifiées, sont d’autres facteurs importants qui contribuent à l’élargissement de cette diaspora.

Les Africains ayant été déportés ou ayant migré dans différentes parties du monde, constituent ce qu'on appelle les « Diasporas africaines ». Selon les estimations de l’Union Africaine en 2007, ces diasporas regroupent environ 112,6 millions de personnes en Amérique du Sud (principalement au Brésil, en Colombie et au Venezuela), 39,2 millions de personnes en Amérique du Nord (Etats-Unis et Canada), 13,5 millions de personnes dans les Caraïbes et quelque 3,5 millions de personnes en Europe (essentiellement en France). 

Dans la définition qu’elle apporte à la Diaspora africaine, l’UA insiste sur la contribution de celle-ci « au développement du continent africain et à la construction de l’Union africaine ». En effet, la diaspora africaine joue un rôle indispensable pour l’Afrique. Selon beaucoup d’experts, l’aide de certaines diasporas africaines à leur pays d’origine est considérablement supérieure à l’aide publique au développement. D’après un rapport de la Banque mondiale réalisé en 2005, les Africains résidant hors du continent réinjectent chaque année 4 à 6 milliards de dollars en direction de l’Afrique subsaharienne, via les transferts de fonds.

Lors de la Conférence Consultative régionale pour la Diaspora Africaine en Europe ayant eu lieu à Paris les 11 et 12 septembre 2007, le ministre des Affaires étrangères de la République d’Afrique du Sud, le Dr Nkosazana Dlamini Zuma, mettait l’accent sur sa volonté de réunir l’Afrique et sa diaspora de la manière suivante : «L’un des éléments cruciaux dans notre quête de la réunification de l’Afrique et de sa Diaspora est le besoin de reconnaître et accepter notre diversité en tant qu’Africains, au même titre que nous pouvons adhérer à la quête d’une plus grande unité. L’Afrique est grande et comprend nombre de pays, nations, nationalités, religions, tribus et défis.»

Ce désir de réunification regroupera les intellectuels d’Afrique et de la Diaspora qui débattront de l’apport de cette dernière au continent lors du colloque du FESMAN.