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Fesman2009

Chanter à Gorée
ile_de_goreeL’île de Gorée située au large de Dakar: patrimoine mondial de l’UNESCO d’aujourd’hui, abri des esclaves d’hier. Un deuxième rendez-vous après 1966, dans ce lieu de contraste où se croisent un passé marqué par la tragédie de l’exploitation humaine avec un avenir de réconciliation entre les différents peuples, lors d’un concert qui sera organisé dans le cadre du Festival.

Sous domination portugaise, néerlandaise, anglaise et française, l’île de Gorée a connu différentes sortes de cultures. Mais c’est surtout sous l’esclavage qui a duré quatre siècles, du XVe au XIXe siècle, qu’elle a connu différentes sortes de souffrances.
Cependant, dans la sérénité qui règne sur l’île, renforcée par le silence des rues sans voitures, la vivacité des bougainvillées et les couleurs ocre, rose, jaune des façades des maisons coloniales du 18ème siècle, il est difficile de croire que les Goréens ont réellement souffert dans le passé.

En effet, malgré l’ouverture d’esprit appréciable des Goréens qui fait qu’aujourd’hui ils vivent tous ensemble, sans distinction de race, d’ethnie et de religion, musulmans, chrétiens, bouddhistes et rastas, la fameuse « Maison des Esclaves » se trouvant sur l’île est la meilleure preuve que les Autres n’ont pas eu la même ouverture d’esprit envers eux.
Selon Boubacar Joseph Ndiaye, le mythique conservateur en chef de la Maison des Esclaves à l’île de Gorée et symbole de la « mémoire de l'histoire de la traite atlantique », décédé en février 2009, il faut « se souvenir de son passé pour reconstruire sa dignité ».

C’est justement pour cette occasion et afin de rendre hommage à Ndiaye que les descendants de plusieurs milliers d’esclaves qui sont partis de Gorée « entreront par la porte du voyage sans retour » pour retourner sur leur île.
Cette fameuse porte d’où les esclaves tentaient de s’évader et qui avait séparé les peuples, cette fois-ci, les réconciliera lors d’un duo émotionnel entre Youssou N’Dour et un artiste américain de renom.

Et une deuxième fois, après 1966, c’est sur la plage de l’île de Gorée que la musique sera la voix d’un passé tragique qui sera certainement remplacé par un avenir digne pour les peuples noirs, comme celui désiré par Ndiaye.